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 Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)

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Eliya
 
 


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MessageSujet: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Ven 18 Juil - 20:43




Coucou vous tous hey Je vous propose une nouvelle policière écrite par la célèbre Agatha Christie que j'admire considérablement. Sa qualité d'écriture, son adresse à mener ses intrigues dont le dénouement est toujours inattendu et habile ont fait de ses romans une oeuvre captivante.
J'ai donc eu l'idée de mettre en images Sims "Témoin à charge" tout en conservant la maestria du style de cet excellent écrivain ... comment faire autrement d'ailleurs
Vous pouvez poster ici vos appréciations bonnes ou mauvaises (j'accepte tout ou presque ^^ :revolvers: rire ). Lorsque l'image ne s'affiche pas (ça arrive), clic droit sur la
x et cliquez sur "Afficher l'image"

Bonne lecture à ceux qui ne connaissent pas déjà cette histoire et bonne re-lecture aux autres Wink





PRISON DE LONDRES



Maitre Mayherne pénétra dans le bâtiment carcéral. Homme au regard perçant dénotant une vive intelligence, il avait la réputation d'être un avocat remarquable.


Il ajusta ses lunettes et s'éclaircit la voix avec la petite toux sèche qui lui était coutumière. Puis s'adressant au surveillant chef, il l'enjoignit de le mener au parloir auprès de son client.


Il dévisagea de nouveau l'homme qui lui faisait face et qui était accusé de meurtre avec préméditation.


- Je dois vous répéter que vous courez un grave danger et qu'il vous faut être absolument franc.


- Je le sais, vous me le répétez sans cesse. Mais je ne réalise pas encore que je suis accusé d'assassinat! et d'assassinat dans des conditions si affreuses!

Mayherne avait jugé l'affaire très grave et cru à la culpabilité du prisonnier. Pour la première fois, il éprouvait un doute.

- Oui, oui, cher monsieur, nous allons faire un gros effort pour vous libérer et nous réussirons. Toutefois, il faut que je sois au courant des moindres détails afin de connaître l'étendue de l'accusation qui pèse sur vous. Après quoi, nous déciderons de la meilleure façon de vous défendre.


- Vous me croyez coupable. Mais je jure devant Dieu que je ne le suis pas quoique les apparences me désignent. Je suis innocent, Maître, innocent!

Mayherne n'ignorait pas que, dans un cas semblable, tout homme s'exprimait ainsi. Pourtant, il se sentait troublé: Léonard Vole était peut être innocent.

- Il est certain que votre situation paraît très inquiétante. Pourtant, je veux bien vous croire. Venons aux faits: exposez moi exactement comment vous avez fait la connaissance d'Emily French.


- Un jour, dans Oxford street, je vis une dame âgée qui portait de nombreux paquets et qui trébucha au moment de traverser la rue. Un autobus arrivait sur elle ...


Elle parvint tout juste à se relever et à gagner le trottoir où elle resta terrifiée. J'ai ramassé les paquets et les lui ai remis.


- Lui avez vous sauvé la vie ?
- Certes non, j'avais simplement eu un geste courtois.



- La vieille dame se montra très reconnaissante, me remercia vivement et fit allusion à ma courtoisie supérieure à celle des jeunes générations.
Je l'ai saluée et me suis éloigné, convaincu de ne jamais la revoir.


- Mais la vie est pleine de coïncidences. Le soir même, je retrouvai cette personne chez des amis.


J'appris qu'elle se nommait Emily French et habitait Cricklewoo. Nous discutâmes un moment. Je suppose qu'elle devait éprouver des sympathies subites car je lui plus à cause d'un geste que n'importe qui aurait pu faire.


Quand elle partit, elle me serra fortement la main et m'invita à venir la voir. Je n'y tenais guère mais refuser eût semblé grossier, de sorte que je fixai le samedi suivant.


Après son départ, j'appris par un ami qu'elle était riche, assez originale, vivait seule avec une bonne et avait huit chats.



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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Ven 18 Juil - 20:43

- Je comprends, vous avez su tout de suite qu'elle était dans une situation aisée.


- Si vous imaginez que je m'en suis préoccupé!


- Il faut que j'examine l'affaire telle qu'elle sera présentée par la partie adverse. Une personne ne connaissant pas Miss French n'aurait pas supposé qu'elle fût riche; elle vivait simplement presque pauvrement ...


... Qui vous en a parlé ?
- Mon ami George Harvey, chez lequel nous passions la soirée.


- Se souviendra t-il vous en avoir parlé ?
- Je ne sais pas. Il s'est écoulé pas mal de temps depuis.
- En effet. Vous comprenez, le premier soin de ceux qui vous accusent consiste à prouver que vous étiez très désargenté. Ce qui est vrai je crois ?


- Oui. Je traversais une période de guigne.


- Etant donc gêné, vous avez fait la connaissance de cette vieille dame riche et avez cultivé assidûment cette relation. Si nous pouvions déclarer que vous ignoriez qu'elle était fortunée et que vous alliez la voir par pure bonté.
- Ce qui est absolument vrai.


- C'est possible et je n'en disconviens pas! J'examine la question du point de vue extérieur. Tout dépendra de la déclaration de Mr. Harvey. Se souviendra-t-il de votre conversation ? Pourra-t-il être troublé par l'avocat de la partie adverse au point de croire que cet entretien fut situé beaucoup plus tard ?
- Je ne crois pas que cette manoeuvre réussirait. Plusieurs personnes ont entendu ce que disait Harvey et ont plaisanté au sujet de ma riche conquête.


L'avocat essaya de cacher sa déception.
- Dommage. Le système que j'envisageais serait désastreux. Laissons cela. Vous avez donc fait la connaissance de Miss French, vous lui avez rendu visite et vous avez continué. Il nous faut savoir pourquoi un homme de votre âge -- trente cinq ans -- beau garçon, sportif, aimé de ses amis, a consacré une partie notable de son temps à une femme âgée, dont les goûts devaient être fort éloignés des vôtres ?
- Je ne peux l'expliquer, vraiment pas; à la fin de ma première visite elle m'a supplié de revenir, m'a dit qu'elle était isolée et malheureuse. Il m'était difficile de refuser, d'autant plus qu'elle me témoignait une si grande sympathie que j'en étais touché.


- Je suis faible de nature et je ne sais pas dire non. Après lui avoir fait trois ou quatre visites, je me suis sincèrement attaché à cette vieille femme: ma mère mourut alors que j'étais très jeune, une de mes tantes m'a élévé jusqu'à ce que j'aie quinze ans, puis elle est morte aussi. Si je vous avoue que j'étais heureux d'être choyé et gâté, vous en rirez sans doute.


L'avocat ne riait pas. Il était songeur.

- J'accepte votre explication car j'estime qu'elle est vraisemblable du point de vue psychologique. L'opinion d'un jury pourrait être différente. Je vous prie, continuez votre récit. A quel moment Miss French vous a-t-elle pour la première fois demandé de vous occuper de ses intérêts ?
- Après ma troisième ou quatrième visite. Elle n'entendait pas grand-chose aux questions pécuniaires et s'inquiétait au sujet d'un placement.


- Attention! La femme de chambre, Janet Mackensie affirme que sa maîtresse était une excellente femme d'affaires et s'occupait de tous ses placements, opinion corroborée par les déclarations de ses banquiers.
- Je n'y peux rien! C'est Miss French qui m'a dit le contraire.


L'avocat le dévisagea pendant un instant sans répondre. Bien qu'il n'eût pas l'intention de le dire, sa conviction de l'innocence de son client s'affirmait car il connaissait la mentalité des femmes âgées et pouvait aisément croire que Miss French, subjuguée par ce beau garçon, avait cherché un prétexte pour l'attirer chez elle. Or, aucun n'était meilleur qu'une incompétence au sujet des transactions bancaires, car elle n'ignorait pas que tout homme est flatté d'être jugé infaillible. Peut être même avait-elle souhaité faire comprendre à Vole qu'elle était riche.

- Je vais vous poser une question importante et il est nécessaire que vous me répondiez franchement. Vous étiez financièrement gêné et vous aviez la haute main sur la fortune d'une vieille dame, qui de son propre aveu, n'y entendait pas grand-chose. En avez-vous jamais profité pour détourner, à votre bénéfice, les valeurs qui vous étaient confiées ?
Deux lignes de conduite s'offrent à nous: d'une part nous pouvons faire état de votre probité pendant que vous vous occupiez des affaires de Miss French, en insistant sur le fait que vous n'aviez pas besoin de commettre un crime pour obtenir des sommes que vous pouviez vous procurer beaucoup plus facilement. Si, d'autre part, dans votre manière d'agir il y a des détails dont l'accusation pourrait faire état, autrement dit si l'on peut prouver que vous avez fait chanter cette vieille dame, nous dirons que vous n'aviez aucun motif pour la tuer puisque vous retiriez d'elle un revenu appréciable. Vous voyez la différence ? Je vous adjure donc de réfléchir avant de répondre.



Mais Léonard Vole répondit aussitôt:
- La manière dont je me suis occupé des affaires de Miss French est parfaitement honnête. J'ai pris soin des ses intérêts du mieux que j'ai pu.


- Merci, vous me soulagez beaucoup, car je vous crois trop intelligent pour mentir dans un cas aussi important.
-Sûrement! Ce qui plaide en ma faveur, c'est l'absence de motif. Si l'on croit que j'ai été aux petits soins pour une vieille dame riche, dans l'espoir de lui soutirer de l'argent, sa mort doit me décevoir complètement.


L'homme de loi le dévisagea.
- Ne savez-vous donc pas que Miss French a laissé un testament qui fait de vous son principal légataire?
- Comment?
Vole se dressa d'un bond et son désarroi fut évident
-Mon Dieu! Que dites-vous? Elle m'a laissé de l'argent!


Mayherne acquiesça et Vole retomba sur son siège en mettant la tête dans ses mains


- Vous prétendez ne rien savoir à cet égard?
- Prétendre? Je ne savais rien, absolument rien.


- Que diriez-vous si je vous déclarais que la femme de chambre, Janet Mackensie, affirme que vous étiez au courant, car Miss French lui avait dit vous avoir consulté à ce sujet et vous avoir fait part de ses intentions?
- Elle ment ... Non, j'exagère. Janet est une femme âgée qui veillait de près sur sa maîtresse et qui ne m'aimait pas. Elle était jalouse et soupçonneuse. Il est possible que Miss French lui ait confié ses intentions et que la servante ait mal compris ou, encore, ait cru que j'avais fait pression sur elle.



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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 4:34

-Vous ne supposez pas qu'elle vous détestait au point de mentir volontairement?
-Sûrement pas. Dans quel but?
- Je l'ignore mais elle est très dure à votre sujet.


Le malheureux garçon gémit et murmura:


- Je commence à comprendre... C'est affreux, on dira que j'ai poussé Miss French à faire un testament en ma faveur, puis que je suis allée chez elle ce soir-là où il n'y avait personne et qu'on l'a retrouvée morte le lendemain. C'est affreux!


-Vous vous trompez en disant qu'il n'y avait personne. Janet devait sortir en effet ce soir-là, mais à vingt et une heures trente, elle est revenue pour chercher un livre qu'elle avait promis à une amie. Elle est entrée par la porte de service, est montée dans sa chambre puis est repartie.

- Elle a entendu des voix dans le salon, a cru, sans les reconnaître, que l'une était celle de Miss French et l'autre celle d'un homme.



- A vingt et une heures trente ...! Alors, je suis sauvé, sauvé!


- Que voulez-vous dire?
- A cette heure-là, j'étais de retour chez moi et ma femme pourra le prouver. J'ai quitté Miss French à vingt et une heures, ma femme était à la maison et m'attendait.


Dans sa joie, Vole n'avait pas remarqué que l'expression sévère du visage de son avocat ne s'était pas modifiée, mais quand Mayherne répondit, toute joie l'abandonna.
- A votre avis, qui a tué Miss French?


- Un cambrioleur, ainsi que nous l'avons pensé tout d'abord. Souvenez-vous qu'une fenêtre a été forcée. La victime a été assommée à l'aide d'une lourde pelle que l'on a retrouvée près du corps. Plusieurs objets manquaient. Sans les absurdes soupçons de Janet et son antipathie pour moi, la police n'aurait jamais perdu la bonne piste.



- Cela ne suffit pas. Ce qui manque n'avait aucune valeur et n'a été dérobé que pour donner le change. Les empreintes laissées sur la fenêtre ne sont pas du tout probantes.


- Réfléchissez: vous dîtes ne plus vous être trouvé dans la maison à vingt et une heures trente. Qui donc était l'homme que Janet a entendu parler à Miss French dans le salon? Elle n'eût certainement pas causé amicalement avec un cambrioleur...



- Non. Cependant cela m'exonère. J'ai un alibi. Il faut que vous voyiez tout de suite Romaine, ma femme.
-Certes, ce serait déjà fait si elle n'avait pas été absente lors de votre arrestation. J'ai téléphoné à Scotland Yard, il paraît qu'elle rentre ce soir. J'irai la voir dès que je quitterai mon cabinet.
- Oui, Romaine vous renseignera. Grand Dieu, j'ai de la chance.


- Excusez ma question. Etes-vous très épris de votre femme?
- Je crois bien!
- Et elle vous aime beaucoup?
- Elle m'est très dévouée et ferait n'importe quoi pour moi.


Il s'exprimait avec force, mais son avocat était moins enthousiasmé. Est-ce que le témoignage d'une épouse dévouée serait écouté?

- En rentrant chez vous, avez-vous rencontré quelqu'un dans la rue?
- Personne que je connaisse et, d'ailleurs, j'ai fait une partie du trajet en autobus. le conducteur se souviendra peut-être...


Maître Mayherne secoua la tête d'un air dubitatif.
- Donc personne ne peut confirmer le témoignage de votre femme.
- Non, mais ce n'est pas nécessaire, il me semble.
-Je l'espère.


- Encore un mot: Miss French savait-elle que vous étiez marié?
- Oh! oui.
- Pourtant, vous ne lui avez jamais présenté votre femme, pourquoi?
Pour la première fois, Vole hésita à répondre:
-Je... je ne sais pas trop.


- Vous rendez-vous compte que Janet Mackensie déclare que sa maîtresse vous croyait célibataire et espérait vous épouser par la suite.


Vole se mit à rire.
- C'est absurde, il y avait quarante ans de différence entre nous!
- Cela arrive. Votre femme n'a donc jamais vu Miss French?
- Non...
- Vous me permettrez de vous dire que je comprends mal votre attitude à cet égard.


Vole rougit, hésita, puis dit enfin:
- Je vais vous parler franchement. Ainsi que vous le savez, j'étais à court d'argent. J'espérait que Miss French pourrait m'en prêter un peu. Elle avait de l'affection pour moi mais ne s'intéressait pas aux difficultés d'un jeune ménage. J'avais découvert qu'elle supposait que le mien n'était pas heureux et que nous vivions séparés. Or, j'avais besoin d'une certaine somme pour Romaine. Je n'ai rien dit à la vieille dame, à qui j'ai laissé croire ce qu'elle voulait. Elle disait que j'étais son fils adoptif et il n'a jamais été question de mariage. Ce doit être une imagination de Janet.


- Est-ce tout?
- Oui, absolument tout.
Vole avait-il hésité en prononçant ces mots? L'avocat se le demandait.
- Au revoir, monsieur.


Puis en regardant le visage hagard du jeune homme, il ajouta, poussé par une impulsion:

- Je crois à votre innocence, en dépit de tous les faits qui semblent vous accuser. J'espère la prouver et vous soutiendrai fortement.
- Vous constaterez que mon alibi est solide.
- Tout dépend du témoignage de Janet Mackensie. ce qui est clair, c'est qu'elle vous déteste.
- Je ne vois pas la raison de sa haine.


Maintenant, voyons Mrs Vole, pensa Mayherne en sortant. Il était très ennuyé de la tournure que prenait l'affaire.




*****************
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Le Temps nous est gare, le Temps nous est train.

Jacques Prévert



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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 6:08

Le ménage Vole habitait une vilaine petite maison proche de la pelouse de Paddington. Mayherne s'y rendit.


En réponse à son coup de sonnette une grosse femme mal vêtue vint ouvrir.
- Mrs Vole est-elle de retour?
-Oui, depuis une demi-heure mais je ne sais pas si vous pouvez la voir.
- Si vous voulez bien lui donner ma carte, je suis certain qu'elle me recevra.


La femme prit la carte puis elle ferma la porte au nez du visiteur.


Toutefois, son attitude s'était quelque peu modifiée quand elle reparut en disant:

- Veuillez entrer.


Elle l'introduisit dans un minuscule salon et Mayerne, qui regardait un dessin accroché au mur, sursauta en apercevant une grande femme pâle qui était entrée si doucement qu'il ne l'avait pas entendue.


- Maître Mayherne? Vous êtes l'avocat de mon mari, n'est-ce pas? C'est lui qui vous envoie? Veuillez vous asseoir.


Avant qu'elle ait parlé, il ne s'était pas rendu compte qu'elle n'était pas anglaise. En la dévisageant, il remarqua ses pommettes saillantes et la teinte foncée de ses cheveux. C'était une étrange femme, très calme, d'un calme presque inquiétant. Dès le début, Mayherne eut l'impression de se trouver en face d'un cas mystérieux auquel il ne comprenait rien.


- Chère madame, il ne faut pas vous laisser abattre...
Il s'arrêta court. Il paraissait tellement évident qu'elle n'avait pas la moindre intention de perdre courage et restait maîtresse de ses nerfs.


- Voulez-vous me mettre au courant? Il me faut tout savoir. Ne cherchez pas à me ménager car je veux connaître le pire...
Elle parlait d'une voix sourde avec une énergie qui déconcerta l'homme de loi.
- Je veux savoir le pire.


Mayherne lui raconta son entrevue avec Léonard Vole. Elle l'écouta attentivement.
- Je comprends, il veut que j'affirme que ce soir-là il est rentré à neuf heures vingt.
- C'est bien exact?
- Là n'est pas la question. Si je le dis, sera-t-il acquitté? Me croira-t-on? réplica-t-elle froidement.


Le juriste fut déconcerté qu'elle sût si vite toucher le point important.

-Je désire savoir si cela suffira? Une autre personne soutiendra-t-elle ma déclaration?
Elle parlait d'un ton si vibrant que Mayherne eut une vague inquiétude. Il répondit comme à regret:
- Jusqu'à présent, il n'y a personne.
- Je vois.


L'inquiétude de l'avocat allait croissant.
- Madame, je sais ce que vous éprouvez.
- Croyez-vous? Je me le demande.
- Dans un cas pareil...
- Dans un cas de ce genre, j'ai l'intention de me débrouiller seule.
- Chère madame, vous êtes désemparée. Votre grande affection pour votre mari...
- Plaît-il?
La sécheresse du ton fit sursauter l'avocat.


Il répéta d'une voix hésitante:

- Votre grande affection pour votre mari...
- Vous a-t-il dit que je lui étais dévouée? Ah! oui, je comprends qu'il l'a dit. Que les hommes sont bêtes, bêtes, bêtes!


Elle se leva brusquement et toute l'émotion intense que le juriste avait devinée depuis un instant parut concentrée dans sa voix.
- Je le hais, je le hais et je désire le voir pendre et mourir!


Mayherne recula devant la fureur qui émanait de ses yeux étincelants.


- Peut-être ce spectacle me sera-t-il offert.


- Si je vous disais que ce fameux soir il n'est pas rentré à neuf heures vingt, mais à dix heures trente. Il vous a dit qu'il ignorait qu'on lui avait légué de l'argent? Si je vous affirmait qu'il était au courant et qu'il a tué pour le toucher? Il me l'a avoué ce soir-là quand il est rentré. Il y avait du sang sur sa veste. Si je me levais à la barre des témoins pour le crier tout haut?



Elle défiait son interlocuteur du regard. Au prix d'un gros effort il dissimula sa stupeur croissante et tenta de parler avec calme:
-Vous ne pouvez témoigner contre votre mari
- Ce n'est pas mon mari.


- Ce n'est pas mon mari. J'étais actrice à Vienne. Mon mari est vivant mais dans un asile d'aliénés, de sorte que je ne pouvais pas épouser Vole, j'en suis heureuse maintenant.



- Voulez-vous répondre à une question? Pourquoi êtes-vous si dure envers Vole?
- Vous voudriez le savoir, mais je ne le dirai pas, je garderai mon secret.


- Il n'y a aucune raison pour que nous prolongions cet entretien. Je communiquerai avec vous après avoir vu mon client.
Romaine s'approcha de lui et plongea le regard de ses beaux yeux noirs dans ceux de son adversaire.
- Dites-moi, lorsque vous êtes arrivé ici, supposiez-vous sincèrement qu'il était innocent?
-Oui.


- Vous n'êtes qu'un pauvre petit bonhomme.
- Et je le crois encore. Bonsoir, madame.


Il sortit en emportant l'image de la violence de cette créature et pensa: "Cette affaire va être diabolique"


Il jugeait le cas infernal et considérait la femme comme très dangereuse. Que pouvait-il faire? Ce malheureux garçon n'avait pas la moindre chance de s'en tirer. Peut être après tout était-il coupable.
- Non, pensa Mayherne, il y a trop de preuves contre lui. Je ne crois pas ce que dit cette femme, elle fabriquait toute l'histoire, mais elle n'osera pas la répéter au tribunal. Toutefois, il eût souhaité en être plus sûr.

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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 6:42

Cabinet du Juge d'Instruction.

Les débats furent brefs et dramatiques. Les principaux témoins de l'accusation furent Janet Mackensie, domestique de la morte et Romaine Heilger, de nationalité autrichienne, maîtresse de l'accusé.


Maître Mayherne écouta le terrible récit que fit celle-ci et qui était semblable à ce qu'elle lui avait dit.


Le prisonnier réserva sa défense et fut déféré au tribunal.


Mayherne ne savait plus que faire. L'accusation portée contre Léonard Vole était terrible et même le célèbre avocat qui s'était chargé de la défense ne gardait que peu d'espoir.


Il déclara d'un air dubitatif:

- Si nous pouvons minimiser les déclarations de cette Autrichienne, nous pourrons peut-être obtenir un résultat, mais le cas se présente mal.


Mayherne concentrait ses efforts sur un seul point.Convaincu que Vole disait la vérité et avait quitté la maison de la victime à vingt et une heures, quel était l'homme que Janet entendit parler à Miss French à la demie?
Le seul espoir paraissait être le neveu de la vieille demoiselle, de réputation peu brillante et qui l'avait autrefois souvent cajolée...


... et menacée pour en obtenir de l'argent.


Maître Mayherne apprit que Janet Mackensie était fort attachée à ce garçon et n'avait jamais cessé de le recommander à Miss French.


Il pouvait s'être rendu chez sa tante après le départ de Vole, car on ne l'avait pas vu aux endroits qu'ils fréquentait d'ordinaire.


D'autre part, les enquêtes de l'homme de loi furent négatives. Nul n'avait vu Léonard rentrer chez lui ou sortir de chez Miss French. Personne ne vit non plus un autre homme dans le voisinage.


La veille du procès, Maître Mayherne reçut une lettre qui devait entraîner ses pensées dans une toute nouvelle direction.


Mal écrite, enfermée dans une enveloppe sale où le timbre était collé de travers, le juriste la relut deux fois avant d'en comprendre le sens:


Ce pouvait être évidemment une attrape, mais en y réfléchissant, il fut convaincu qu'elle était sincère et qu'il y avait là une dernière planche de salut pour le prisonnier. Il lui fallait se rendre à Shaw Rents.


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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 7:27

16 Shaw Rents Stepney


Il trouva difficilement l'immeuble en ruine dans une impasse nauséabonde.


Ayant demandé Madame Mogson, on lui indiqua le troisième étage.


Il monta, frappa et ne recevant aucune réponse, frappa une seconde fois.


Il entendit alors des pas traînants, une porte s'ouvrit avec précaution et une personne toute courbée jeta un regard dans le couloir. Puis tout à coup, la femme fit entendre un rire grinçant et écarta lentement et largement le battant.



- C'est donc vous, mon p'tit? Vous êtes bien seul... Vous me tendez pas d'piège? Très bien, vous pouvez entrer.


L'homme de loi pénétra en hésitant dans une pièce très sale, mal éclairée. Il y avait un lit en désordre dans un coin, une table en bois blanc, et deux chaises branlantes.


Brusquement, Mayherne vit mieux la locataire de ce peu séduisant logement.
Elle était un peu bossue et une capuche lui entourait la figure. Voyant qu'il la regardait, elle éclata d'un rire brutal et dit:

- Vous vous demandez pourquoi je cache ma beauté, chéri? Avez-vous peur qu'elle vous séduise? Vous allez voir.


Elle tourna son visage et Mayherne recula involontairement devant la tache rouge qui recouvrait sa joue.


- Vous n'avez pas envie de m'embrasser, petit? Ça ne m'étonne pas. Pourtant, j'ai été une jolie fille y'a pas si longtemps.


- C'est le vitriol qu'a fait ça, mais je me vengerai.

Elle se mit à blasphémer affreusement, puis finit par se taire en ouvrant et fermant les mains nerveusement.


- Assez! Je suis venu parce que je suppose que vous pouvez me fournir un renseignement qui innocentera Léonard Vole, mon client. Est-ce vrai?


- Et l'argent, petit? Deux mille balles vous savez.


- Vous avez le devoir de témoigner et on peut vous y obliger.
- C'est pas vrai. J'suis handicapée et j'sais rien. Mais si vous m'donnez deux mille balles peut être qu'je pourrai vous donner une idée ou deux.


- Quel genre d'idées?
- Qu'diriez-vous d'une lettre? Une lettre d'elle? Vous occupez pas comme j'l'ai trouvée, c'est mon affaire et vous s'ra utile, mais je veux mes deux mille balles.


- Je vous donnerai mille francs, pas plus et seulement si la lettre est telle que vous le prétendez.


- Mille francs! cria-t-elle furieuse.


- Mille cinq cents. C'est tout ce que j'ai sur moi. C'est à prendre ou à laisser.


Elle blasphéma, grogna, mais finit par s'approcher du lit et retira quelque chose de sous le matelas.


- Voilà... C'est la première qu'vous voulez.


Elle jeta un paquet de lettres à Mayherne qui regarda les feuilles de son air calme. Il lut chaque lettre puis repris la première et la relut.
Chacune des lettres parlait d'amour, et avait été écrite par Romaine Heilger, mais Léonard Vole n'en était pas le destinataire. La première était datée du jour de son arrestation.

- J'vous ai dit vrai, s'pas chéri? Ces papiers la feront condamner!


- Comment vous êtes-vous procuré cette correspondance?
- J'peux pas l'dire mais j'sais 'core aut'chose. J'ai lu dans l'journal c'qu'a dit la trainée au p'tit juge. Tâchez donc de savoir où elle était à vingt deux heures trente alors qu'elle prétendait être chez elle. Demandez au cinéma de la rue de Lion, on se souviendra de cette belle femme. Qu'elle soit maudite!


- Quel est l'homme auquel elle écrivait? La lettre n'indique que son prénom?
Elle se mit à parler d'une voix rauque et à serrer et desserrer les poings, puis elle en porta un à sa figure et balbutia:
- C'est lui qui m'a défigurée... Elle me l'a pris et, quand j'ai voulu les punir, il m'a jeté le maudit poison à la figure, et elle s'est mise à rire, la maudite!


- Y'a des années que j'la guette, que j'la suis, que j'l'épie. Mais maintenant, je la tiens.


- Elle sera punie, dites, m'sieur l'avocat? Elle souffrira?

- On la condamnera sans doute à une peine de prison pour faux témoignage.
- Elle sera enfermée? C'est ça que je veux.


L'homme mit les lettres dans sa poche.
Vous partez? Où est mon argent? Mon bon argent?


Mayherne posa les billets sur la table puis il se détourna et quitta la pièce nauséabonde.


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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 8:32

Sans perdre un instant, il trouva le cinéma de la rue du Lion...




... et montra aux employés une photographie de Romane Heilger qu'ils reconnurent aussitôt.


Elle était arrivée en compagnie d'un homme après vingt-deux heures, le fameux soir, et ils étaient demeurés jusqu'à la fin de la projection.


Maître Mayherne était satisfait: Romane Heilger avait fait une déclaration mensongère d'un bout à l'autre, poussée par la haine violente qu'elle portait à Vole. L'homme de loi se demandait s'il saurait jamais ce qui motivait cette haine.


Qu'avait pu lui faire Léonard Vole? Il avait paru stupéfait, quand l'avocat lui raconta son entrevue avec Romaine et avait déclaré n'y rien comprendre.


Pourtant, Maître Mayherne jugea ensuite son indignation quelque peu forcée.
Après avoir consulté sa montre en quittant le cinéma, l'avocat fit signe à un taxi en murmurant:

- Il faut que je mette Sir Charles au courant immédiatement.




bravo ENTRACTE bravo

Demandez nos frites pop corn

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MessageSujet: Témoin à Charge (suite)   Sam 19 Juil - 9:11

Palais de Justice


Le procès de Léonard Vole, accusé d'avoir assassiné Emily French, avait fait naître un vif intérêt.


D'abord le prisonnier était jeune et beau garçon. Puis Romane Heilger, principal témoin de l'accusation, avait eu son portrait dans plusieurs journaux, de sorte que diverses versions circulaient quant à son origine et à son passé.


L'audience débuta dans le calme. Plusieurs rapports techniques furent rendus publics.
Puis, Janet Mackensie vint à la barre


L'avocat de la défense parvint à relever les contradictions dans le récit de la bonne quant aux relations de Vole avec Miss French


Puis il souligna que, tout en déclarant avoir entendu une voix d'homme dans le salon le soir du crime, rien ne prouvait que ce fût celle de l'accusé.


Il parvint à démontrer qu'un sentiment de jalousie envers le prisonnier constituait le mobile auquel obéissait le témoin.


Le témoin suivant fut appelé.



- Vous vous appelez Romane Heilger?
- Oui.
- Vous êtes Autrichienne?
- Oui.
- Depuis trois ans vous avez vécu avec le prisonnier en vous faisant passer pour son épouse?
- Oui.


L'interrogatoire se poursuivit et, peu à peu, les détails accusateurs se précisèrent: le soir du crime, Vole était parti en emportant une pelle.


Il était rentré à dix heures vingt et avait avoué qu'il avait tué la vieille dame. Sa veste était tachée de sang et il l'avait brûlée.


Puis il terrorisa Romaine par des menaces de mort pour obtenir son silence.


A mesure que Romaine parlait, les sentiments des juges, d'abord plutôt favorables au prisonnier, lui devenaient entièrement hostiles.


Lui s'affaissait, la tête basse comme un homme qui se sent perdu.


On remarqua que l'avocat de Romaine, lui-même, cherchait à minimiser cette animosité de sa cliente, car il eût préféré la voir moins agressive.


Le défenseur de Vole se dressa, grave, menaçant.


Il accusa la femme d'avoir menti tout au long de sa déposition. A l'heure du crime elle n'était pas chez elle, elle était éprise d'un autre homme et essayait délibérément de faire condamner Vole en l'accusant d'un crime qu'il n'avait pas commis.


Romaine nia avec une assurance tranquille.


Vint ensuite l'étrange et spectaculaire dénouement: la lecture de la terrible lettre, faite à haute voix au milieu d'un silence impressionnant:






Il y eut des experts prêts à jurer que l'écriture était celle de Romaine Heilger, mais ce ne fut pas nécessaire, car lorsqu'on lui montra la lettre, elle s'effondra et avoua.




Cette fausse déposition porta un coup fatal à l'accusation. Sir Charles fit comparaître ses témoins.


Vole lui-même fut interrogé et déposa avec un calme qui réduisit à néant toutes les questions des accusateurs.




Ceux-ci tentèrent de se rattraper mais sans succès.


Le résumé du ministère public ne fut entièrement favorable à Vole mais les jurés avaient réagi et ne tardèrent pas à déclarer:


- Nous estimons que l'inculpé n'est pas coupable.


Il était libre.

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MessageSujet: Témoin à Charge (suite et fin)   Sam 19 Juil - 9:38

Le petit Mayherne se leva vivement pour aller féliciter son client...


... et commença à frotter vivement ses lunettes. Puis il s'arrêta, car sa femme lui avait dit la veille que ce geste devenait chez lui un véritable tic. C'était curieux car il ne s'en rendait pas compte.
Cette affaire était vraiment fort intéressante et il pensa à Romaine Heilger dont la personnalité étrange avait retenu son attention.
Dans sa maison de Paddington, elle lui avait donné l'impression d'être une femme énergique mais calme, tandis qu'au tribunal elle étincela comme une fleur des tropiques... En fermant les yeux, Mayherne crut la revoir pencher en avant son corps superbe, tandis qu'elle refermait et ouvrait sans cesse les mains...


Curieuse habitude probablement, mais n'avait-il pas vu récemment une autre personne avoir le même tic? L'avocat sursauta, car la mémoire lui revenait brusquement. C'était la mendiante de Shaw's Rents!


Mayherne dont la tête tournait, se figea sur place. C'était impossible, absolument impossible! Pourtant Romaine Heilger était actrice...


Le juge s'approcha de lui par derrière et lui frappa sur l'épaule.


- Avez-vous félicité votre client? Il s'en est tiré de justesse, venez le voir.



Mais le petit défenseur recula car il ne souhaitait plus qu'une chose: voir Romaine Heilger face à face.


Il n'en eut pas l'occasion tout de suite; mais dès que ce fut possible et qu'il lui eut dit ce qu'il pensait, elle répondit:

- Donc vous avez deviné? Ce ne fut pas difficile pour moi, car la clarté était trop faible pour que vous puissiez discerner mon maquillage.


- Mais pourquoi, pourquoi...
- Pourquoi j'ai joué cette comédie? Il me fallait le sauver et le témoignage d'une femme dévouée n'eût pas suffi, vous me l'aviez dit vous-même. Toutefois je connais la psychologie des foules. Si mes paroles à l'audience semblaient m'être arrachées, elles me condamnaient aux yeux de la loi pour un premier faux témoignage, mais le prisonnier bénificierait aussitôt d'un préjugé favorable.


- Et le paquet de lettres? Pourquoi autant?
- S'il n'y en avait eu qu'une, la plus importante, elle eût paru fabriquée.


- Alors, le dénommé Max?
- N'a jamais existé, mon cher.


- Je persiste à croire que nous aurions pu faire acquitter Vole par une procédure normale.


- Je n'ai pas osé le risquer! Vous le supposiez innocent.
- Je comprends. Vous en étiez sûre...


- Vous n'y êtes pas. Moi, je savais... qu'il était coupable.




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MessageSujet: Re: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Sam 19 Juil - 10:28

Je l'ai relue et j'ai encore adoré ! Vraiment, les personnages, les bâtiments, c'est magnifique bravo
Mais, je ne comprends pas la fin... Qui a vraiment tué la vieille femme, emily French ?
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MessageSujet: Re: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Sam 19 Juil - 10:50

Moi je trouve génial la correspondance entre les images et l'histoire
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MessageSujet: Re: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Sam 19 Juil - 13:33

Canelle a écrit:
Je l'ai relue et j'ai encore adoré ! Vraiment, les personnages, les bâtiments, c'est magnifique bravo
Mais, je ne comprends pas la fin... Qui a vraiment tué la vieille femme, emily French ?

C'est
Spoiler:
 

Gaara a écrit:
Moi je trouve génial la correspondance entre les images et l'histoire

Merci, Gaara mais c'est un peu fait exprès aussi rire

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MessageSujet: Re: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Sam 19 Juil - 22:23

vraiment, j'adore cette histoire Eli, elle est trop bien faite !! =D
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MessageSujet: Re: Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)   Aujourd'hui à 9:57

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Témoin à Charge (d'après une nouvelle d'Agatha Christie)
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